L'angoisse de la page blanche

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'angoisse de la page blanche

Message par slavaniet le Jeu 31 Jan - 0:57

J'avoue aimer des fois écrire, même si je ne suis pas une experte dans le domaine. Et peut être que je ne suis pas la seule ici! Smile Bref, ma dernière lubie liée à mon td d'argumentation hier, passer au discours narratif une recette de cuisine. Mes héros du jour : Joe et Jack, jaunes d'oeufs jumeaux. ^^

N’est pas crêpe qui veut.

Ainsi se présentaient les choses : Joe et Jack, deux jaunes jumeaux issus du même œuf, se retrouvaient livrés à eux-mêmes au fond de ce grand saladier. En plein milieu, sur leur montagne de farine, entourés de mares de lait et de déserts de sucre, ils étaient engagés dans une lutte sans précédent avec le fouet qu’Olive tenait dans sa main. Car face à ce dernier, il était de leur devoir de bien se mélanger aux autres ingrédients, de créer l’émulsion parfaite qui provoquera l’homogénéité de la pâte désirée. Il n’est pas possible à tous les œufs de faire ça. Joe et Jack avaient franchit plusieurs paliers de l’échelle de vie sociale d’un œuf pour en arriver là.
Dès leur ponte, après être passés de mais en mains, ils avaient déjà dû se faire tatouer leur date de naissance sur la coquille. Ils abordaient désormais fièrement un « 29.01.2008 » rouge sur leur dos. Prêts à affronter les rayons de la supérette du quartier, ils avaient passé une heure en camion pour y arriver, et atterrir trois heures et vingt six minutes plus tard dans le caddie d’Olive. Jeune, heureuse et amoureuse, Olive s’était rendue faire quelques courses pour préparer des crêpes pour son Roméo et elle. Enfin, son Roméo s’appelait Patrice, et elle était loin de s’appeler Juliette. Lancée dans sa fièvre culinaire de la Chandeleur, Olive avait donc acheté dans cette supérette de quoi faire des crêpes et essayer de n’en coller aucune au plafond.

Joe et Jack se retrouvaient donc à finir en crêpes. Joe, de l’intérieur de son œuf, avait rapidement compris ce qui allait leur arriver. Un peu moins rond et doré que son frère, il avait d’abord refusé d’affronter le fouet d’Olive avant que son frère ne le convainque de leur rôle prépondérant dans cette histoire de crêpes. C’est vrai qu’il existe de meilleurs destins que de finir en crêpe pour des œufs : quitte à se faire dorer dans une poêle, Joe préférait plutôt se retrouver au plat ou en omelette, ou bien encore même en neige et flottant sur un lac de crème anglaise. Mais il était désormais trop tard pour se révolter contre cela. Olive venait de raccrocher le téléphone, et se pencha au dessus du saladier.
Ca l’avait toujours amusée de tomber sur un œuf de jaunes jumeaux, bien que là elle doive se demander si Joe et Jack étaient assez pour remplir la mission de deux œufs, ou si elle devait en recasser deux. Car si elle retombait sur des jumeaux, cela en ferait quatre, et elle n’en n’avait besoin que de trois. Elle cessa sa réflexion rapidement, envoyant sur nos deux compères une belle bulle jaune du nom d’Amélie. Désormais, ils devaient tous les trois affronter le fouet de la jeune femme. Cette dernière saisi l’ustensile, se pencha au dessus du récipient et commença à mélanger la pâte.

Cela se passe en plusieurs parties. Tout d’abord, Olive tourna doucement son fouet dans son saladier. Les trois jaunes d’œufs, parés à surfer sur leurs blancs, commencèrent leur travail. Joe s’attaqua le sucre, ouvrit sa bouche en grand pour aspirer ce qui lui tombait dessus. Jack se fondit quant à lui dans les marécages de farine laiteuse, avant d’éclater en plein milieu. Amélie se contentait de surveiller cela avant d’entrer en action et de devoir se mélanger aux deux quand Olive accélérerait son mouvement de bras. Cela ne tarda pas : la jeune femme commença à pencher son saladier, produisant un mouvement de plus en plus rapide. Le brassage des ingrédients était à son apogée, il était temps pour Amélie de se laisser éclater au milieu de tout cela avant qu’Olive repose son récipient pour laisser reposer la pâte devenue totalement homogène.
Car près d’une heure plus tard, on sonna à la porte du petit studio d’Olive. Patrice était là, prêt à tester les talents culinaires de sa dulcinée. Arrivait donc les derniers moments cruciaux des trois jaunes et du reste des ingrédients de la pâte. Ils devaient réussir à accrocher parfaitement à la matière graisseuse de la poêle, et éviter tout trou ou bulle d’air disgracieuse. Car c’est bien connu, la première crêpe est bien souvent ratée, au grand dam de tous. Et là, de toutes leurs protéines, les trois jaunes s’associèrent au lait, sucre et autres farines pour égaler la perfection. Pendant que tous soupiraient et se félicitaient de pouvoir finir parfaitement ronds, dorés et au doux goût de Nutella, Patrice ouvrait une bouteille de cidre. La soirée pouvait commencer.

slavaniet
Monte au ciel
Monte au ciel

Nombre de messages : 1430
Age : 27
Localisation : DTC
Date d'inscription : 13/06/2007

Voir le profil de l'utilisateur http://www.google.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'angoisse de la page blanche

Message par Pâquerette! le Mar 26 Fév - 16:35

Waou! Pas mal du tout mistinguette!
C'est malin, du coup j'ai envie de crêpes cette fois!
Enfin bref, un joli petit conte!Very Happy
[Applause]

_________________
[J'ai voulu garder les yeux secs et notre vie à Contretemps...]
JDA

Pâquerette!
Superstar
Superstar

Nombre de messages : 799
Age : 27
Localisation : Pas assez près de l'eau!
Date d'inscription : 20/01/2007

Voir le profil de l'utilisateur http://enz0.musicblog.fr

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum