Le Cirque des Mirages

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Le Cirque des Mirages

Message par Bezannes TGV Est le Dim 17 Juin - 0:51






INTERVIEW DE YANOWSKI, CHANTEUR DU CIRQUE DES MIRAGES


Rencontre avec l'intriguant Yanowski, moitié du duo qui forme une sorte de cabaret théâtral expressionniste et fantasmagorique à l'univers trouble et troublant... Transgression et poésie garanties !




Pour commencer, comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ? Y a-t-il eu un travail de définition du projet artistique ? C’est venu naturellement ?

On s’est rencontrés il y a six ans. Je revenais d’un voyage psycho-magique dans les montagnes du Mexique. Fred faisait une étude à New York pour le jazz (il est arrangeur de jazz pour les big bands). On s’est rencontrés vraiment par hasard à New York dans une boîte enfumée. Une rixe a éclaté. Les gens se bastonnaient. J’ai cru que Fred était américain, en fait il était français. En arrivant à Paris, je monte quelques textes, il me fait écouter quelques musiques, puis nous voilà ce soir…
Après, on n’a pas défini un projet… L’art c’est toujours quelque chose qui te dépasse, qui t’investit au-delà de la représentation mentale. C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas. Donc ça s’est fait. Dans une petite salle à Paris, dans le XIIIe, un petit cabaret. On chantait tous les soirs, à la rencontre du public. Ca nous a dépassé, on s’est pas dit "Tiens, on va faire ce type de chansons"…


Depuis six ans, vous tournez…

En fait on a joué pendant trois ans dans ce petit cabaret tous les samedis. C’était underground, on ne pouvait pas faire de publicité. Les gens connaissaient par le bouche-à-oreille, un peu sous le manteau. C’était plein tous les samedis, mais on ne pouvait pas faire venir de gens du métier. Puis à un moment on a gagné un concours qui s’appelle 'Vive la reprise !', qui a lieu au centre Wallonie Bruxelles en face de Beaubourg, un concours de chanson. Là, les choses se sont enchaînées. Moustaki est venu nous voir dans la petite salle. Le Café de la danse nous a trouvés. Ensuite, le théâtre du Renard. Une signature avec Universal Philips. Et voilà… Après, c’est beaucoup de questionnements, de moments de famine, etc.


Le travail de composition et d’écriture… Fred compose et tu écris ?


On fait les musiques à deux. Je suis pianiste, aussi. Je m’occupe plutôt des mélodies chantées. Il les arrange. A la base, il est chef d’orchestre, arrangeur. On se retrouve tous les jours. C’est un travail de laboratoire, on est comme deux enfants. On improvise, on imagine des situations théâtrales, on rêve… Après, une fois qu’on a deux ou trois pistes, on commence à construire… La musique est là, et je pose des textes sur la musique. Parce qu’une musique, un texte, c’est quelque chose qui doit être incarné, qui doit être vécu de l’intérieur, qui doit être rythmé, scandé… Tu peux pas faire un texte mental, dans ta chambre, puis le plaquer après sur une musique, ça fonctionne pas…


Pareil pour la mise en scène…

Pareil, on n'a aucun oeil extérieur. C’est que du ressenti, tu reviens toujours à ta sensation pour avoir une intégrité.


Y a-t-il une part d’improvisation dans vos spectacles ?

Très très peu. J’aime quand c’est bien structuré. Après, tu peux mettre toute la force pulsionnelle dans la chanson. Plus c’est structuré, et plus tu peux rentrer dans la transe, parce que tu es contenu. C’est ça qui m’intéresse, rentrer dans un état second sur scène.


Par rapport à votre spectacle très "atmosphérique", vous avez des exigences de jauge, d’ambiance ?


On refuse de jouer en pleine journée. Sinon, on n'a pas trop d’exigences. On refuse aussi de jouer sur un piano numérique… Là, ce serait la fin ! L’idéal, c’est un cabaret de 200 places, clôturé, le soir…


Toi, à la base, tu as une formation lyrique, théâtrale ?

Non, moi j’ai fait des études littéraires, de philo… J’ai beaucoup voyagé… Je suis pianiste, aussi. Ca s’est développé petit à petit, tu vois. Au début, c’était pas aussi expressionniste, aussi théâtral, aussi porté dans la geste.


Quelles sont vos sources d’inspiration ? Tu parlais d’expressionnisme…

Surtout la littérature. Absolument pas dans le cinéma. Je ne suis pas du tout cinéphile. Mais toute la poésie du XIXe, Baudelaire, Rimbaud. La littérature fantastique, Edgar Poe… C’est vrai que j’ai surtout une culture littéraire. Je ne vais jamais au cinéma. Le cinéma ne te donne pas la possibilité de rêver. Tout est déjà donné. C’est formidable, mais du coup, il n’y a pas cet espace qui te permet d’imaginer. Tout le contraire du Cirque des mirages. Tout le monde imagine. C’est pour ça que j’aime pas trop le cinéma. Je ne me sens pas à l’aise. Il faut une part d’imagination.


Par rapport à l’album… Le spectacle est assez visuel. Ca peut paraître un peu antinomique de poser ça sur un album…


On a sélectionné les chansons les plus "chansons". Les moins théâtrales, les moins visuelles. Ensuite, c’est Fred qui a fait un travail d’arrangement, sur le deuxième, ‘Fumée d’opium’. Et là, on travaille sur le troisième album avec un symphonique, le Symphonique de Strasbourg, avec l’associé de Léonard Bernstein à la houlette ! Fred travaille comme un furieux les arrangements. Il gratte du papier. Il est à fond, là… On va enregistrer 6 ou 7 titres au mois de septembre, puis on fera encore 5 ou 6 titres en studio. Puis ça fera un autre album.


Les deux premiers sont seulement piano-voix ?

Le premier c’est un live, dont on n'est pas très content. On l’a enregistré dans une petite salle. Il n'est pas très représentatif. Le deuxième, c’est en studio. Il est sorti au mois d’octobre 2005. J’aime beaucoup les arrangements de Fred. Ca ne dénature pas du tout le Cirque des mirages. C’est une ouverture, au contraire…


Le troisième est prévu pour sortir quand ?

Pour l’instant, on le fait. Moi, j’aimerais bien 18 titres, on a tellement de choses à mettre. Il y a toujours cette angoisse d’être coupé dans sa création, de mourir aussi. C’est une possibilité. C’est vrai ! On peut pas être dans une intensité, dans le désir ou dans la création sans avoir conscience qu’on a sa mort du côté gauche qui est là, qui est prête, et qui peut te saisir à n’importe quel moment. C’est une précipitation, la création.


‘La Véritable Histoire du christianisme’… Une chanson assez subversive… Pas de plaintes ?

Je revendique mon anticléricalisme. Dirigé contre le catholicisme ou les musulmans, ça n’a aucune importance. On a des plaintes. Des centaines de lettres. On est passé sur France Musique. Il y a une pétition qui a été écrite à Jacques Chirac… Ils nous ont dit "surtout ne chantez pas cette chanson"… Du coup on a chanté celle où le personnage va se faire sucer par une ventriloque ! En direct sur France Musique !


Vous vous sentez engagés, alors ?


Pas spécialement. On aime la transgression. Il n'y a pas de création sans transgression. Le plaisir de toujours repousser les limites de l’institutionnel, surtout dans une époque extrêmement conformiste, beaucoup plus que dans les années 1950-1960, où on était pourtant sous le gaullisme… Mais aujourd’hui, on est dans un conformisme, un formatage, dans la bonne conscience, la bonne pensée… C’est le moment ou jamais de mettre un coup de dynamite ! Ca fait jouir… Quand tu vois les gens qui sont gênés, qui se lèvent, qui sont outrés, choqués…


Ca vous intéresse de jouer sur ce côté un peu subversif...

Oui, j’adore… C’est une jubilation d’être sur le fil, à chaque fois, de repousser les limites… D’être sur le fil sans basculer dans la vulgarité, ni dans quelque chose de trop facile ou primaire. Toujours de danser entre les deux. Hop, se rattraper au moment où tu allais tomber…


Il n'y a pas le danger d’être catalogué uniquement comme des provocateurs ?

Si, évidemment. C’est pour ça qu’on rattrape pas mal par le côté poétique qui permet d’équilibrer. S’il n’y avait que ça, ça serait un peu lourd, voire ringard… C’est passé, il y a un côté un peu anarchiste, un peu révolu qu’on essaye d’éviter…


Merci, et bonne route…


Propos recueillis par Rémy Pellissier pour Evene.fr - Mai 2006


Discographie :


En public (2004)


Fumée d'opium (2005)



Site : www.cirquedesmirages.com

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Re: Le Cirque des Mirages

Message par La-h-urie le Dim 17 Juin - 0:58

J'aime beaucoup la chanson "L'amour à mort"

(tiens comme tu ne l'as pas donné : http://myspace.com/lecirquedesmirages Smile)

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Re: Le Cirque des Mirages

Message par Bezannes TGV Est le Dim 17 Juin - 1:04

Merci pour l'ajout Wink

J'ai juste l'album "En public"... Et je trippe à mort sur Les barbares sont dans Paris et Chez Madame de la Fressange

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Re: Le Cirque des Mirages

Message par La-h-urie le Dim 17 Juin - 1:06

Ben j'adore la partie piano de "Chez Madame .." (enfin de ce que je peux en écouter sur le site ^^)

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Re: Le Cirque des Mirages

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